EMBARQUEMENT IMMEDIAT...

Juste des mots qui nous ressemblent change de peau..., ce sera encore des mots de tous les jours, des mots de tous les soirs... la même chose en différent... Prenez place, je vous en prie, pour cette nouvelle aventure...

08 juillet 2010

L'inessentielle...

" La femme se détermine et se différencie par rapport à l'homme et non celui-ci par rapport à elle ; elle est l'inessentielle par rapport à l'essentiel. Il est le sujet, il est l'Absolu : elle est l'Autre. "
Simone de Beauvoir

Le deuxième sexe, le sexe faible, l'Autre... et finalement, l'inessentielle...
A vrai dire, c'est dans les mœurs philosophiques (et encore les plus évolués !...) de considérer la femme comme un dérivé de l'homme, et non une entité à part entière.
Si dans les règles de la rhétorique, il est d'usage de passer le féminin avant le masculin, la grammaire adopte quant à elle, la même suprématie logique du masculin sur le féminin...
L'Homme s'interroge sur le sens de la vie, sur la destinée, sur la finitude ou l'infinitude du monde ; la Femme cherche toujours sa place basique sur cette terre où elle tente d'obtenir la reconnaissance de son égal droit à vivre en toute égalité et intégrité avec ses pairs masculins...
Les deux font la paire d'ailleurs : hommes et femmes restent, qu'on le veuille ou non, des êtres complémentaires, bien que l'un n'ait eu de cesse de prendre l'ascendant sur l'Autre... cet "Autre", majoritaire à l'échelle de la planète, minoritaire dans sa reconnaissance de droit à être libre, de façon digne et valorisante.

L'Homme est toujours le postulat de base à partir duquel on fait rayonner toutes les théories du monde, la Femme se détermine donc bien par rapport à lui, quand l'Homme n'a besoin de rien ni personne pour se légitimer...
Et pourtant chaque homme, pour le devenir (et peut-être même le rester) a connu en amont, une femme... qui lui a offert un abri chaud et douillet pour qu'il s'y développe... et devienne ce qu'il est...
Ainsi semblerait-il plus judicieux de partir de la femme, au corps créateur de vie, pour tenter d'élaborer une théorie des genres, plutôt que de poser l'Homme au centre de l'Univers, non ?...

La Femme est donc cette 'inessentielle", indispensable non seulement à la perpétuation de l'espèce, mais aussi à l'équilibre hormonal des mâles dominants...
La Femme, cette "inessentielle", est cet "Autre", différent et semblable à la fois, qui permet par sa singularité de qualifier et de définir ce qu'être un Homme signifie et autorise...
C'est là que commence l'injustice première de la condition féminine, de laquelle découlent toutes les autres...

On parle d'attitude "castratrice" lorsqu'une femme, quel que soit le rôle qu'elle joue dans la vie d'un homme, l'empêche de s'accomplir en tant que "mâle", sous-entendu "dominant", mais quelle est donc l'expression similaire pour exprimer ce qu'une femme peut ressentir à être assimilée à "l'autre sexe", nécessairement d'importance moindre ?...
On ne "castre" pas les femmes, on ne les ampute pas de leur féminité... cela parait juste, comme quelque chose de normal, de les considérer comme une sous catégorie, une référence secondaire de l'humanité, dont la vocation n'est que de perpétuer une espèce animale qui les déconsidère...

J'ai beau me frotter les yeux, je ne vois pas ce qui justifie, ni la pratique ni la théorie d'une telle conceptualisation de l'être humain...

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Posté par laurencewitko à 00:36 - Sociosophie... - Commentaires [0] - Permalien [#]